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Bbusi.com, votre nouvelle plateforme de cotraitance


Période fiscale surchargée, arrêt maladie imprévu d’un collaborateur, nouvelle mission sur un secteur spécifique… La cotraitance, déjà identifiée par certains comme LA solution à ce type d’imprévus, peine encore à être perçue comme un élément clé des stratégies de développement de cabinet. Pourtant, à l’heure des réformes européennes et de l’automatisation des tâches administratives, miser sur l’échange de compétences est essentiel pour mener à bien notre mission de conseil.

La cotraitance, pour qui ? Pour quoi ? Comment ? Grâce à ce dossier spécial, vous saurez tout sur les opportunités offertes par ce mode de travail.

 

SOMMAIRE :

 

CAP SUR LA COTRAITANCE

L’Ordre de Paris Ile-de-France et la CRCC de Paris lancent en octobre BBusi.com, une plateforme qui facilitera la sous-traitance en mettant en relation donneurs d’ordre et sous-traitants. Un outil désormais indispensable pour notre profession qui, comme d’autres, doit s’adapter, savoir élargir ses compétences, faire preuve de plus de souplesse et de réactivité. BBusi, c’est l’opportunité d’imaginer des stratégies de développement autour de la sous-traitance, en mettant en avant des compétences spécifiques et en renforçant les missions de conseil.

La sous-traitance est-elle taboue au sein de la profession ? Dans le sondage réalisé en ligne par le CSOEC pour la version 2017 de l’étude Marchés de la profession comptable, seuls 10% des experts-comptables interrogés répondaient oui à la question « Comptez-vous augmenter la part de la sous-traitance/externalisation dans un avenir proche » ?

Faut-il en conclure que ce mode de travail est banni de la majorité des cabinets ? La réalité est bien plus complexe. Au quotidien, même les experts-comptables les plus réticents peuvent faire appel, de façon ponctuelle, à un sous-traitant : il suffit d’une surcharge soudaine de travail, d’une augmentation du volume qui ne justifie pas encore une embauche, ou d’un collaborateur absent pour que l’externalisation trouve sa raison d’être. Les exemples sont nombreux. « Un collègue m’a un jour appelé en urgence car des membres de son équipe venaient de démissionner. Sans aide extérieure, il ne pouvait pas assurer sa mission d’audit. Quelqu’un lui avait conseillé de faire appel à moi », raconte François Gérard, commissaire aux comptes récemment installé à Amiens, spécialisé en analyse de données. Tous les domaines du cabinet sont susceptibles d’être sous-traités. « La démission de ma responsable paie m’a laissé sans ressources. J’ai heureusement pu sous-traiter l’établissement des paies à un confrère qui travaillait sur le même logiciel que moi, accessible dans le cloud, ce qui m’a bien aidé durant la période de vacance du poste, le temps de trouver un remplaçant », confirme Gilles Gambaro, expert-comptable à Saint-Maur (94). « Commissariat aux comptes, révision, audit d’acquisition, paie, évaluation, consolidation… les missions, ponctuelles ou non, récurrentes ou non, qu’il est possible de sous-traiter à des consœurs ou confrères couvrent toute la palette d’intervention de notre profession », acquiesce Laurent Benoudiz, président du conseil régional de l’Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France. « Notre déontologie nous conduit naturellement à travailler ensemble pour renforcer nos compétences, notre confraternité rendant la cotraitance facile à réaliser. »

La #cotraitance est une aide non négligeable pour les jeunes diplômés ! #confraternite #entreaide Tweetez

Pour autant, ce mode de fonctionnement, qui s’exprime surtout dans les situations d’urgence ou de crise, n’est pas l’unique raison de faire appel à un partenaire extérieur. La sous-traitance de compétences, basée sur une spécialisation de fait des experts-comptables, constitue une part importante des missions proposées. « Un de mes clients souhaitait être accompagné dans la mise en place d’un système de gestion complexe nécessitant des compétences pointues dans l’extraction de données de son système informatique, se souvient Laurent Benoudiz. Ne disposant pas des compétences en interne, je ne pouvais pas répondre à sa demande. J’ai travaillé avec un jeune confrère qui venait de s’installer après avoir quitté un big, qui avait du temps et les compétences nécessaires. En répondant à sa demande, j’ai fait trois heureux : mon client, mon confrère et mon cabinet ». Elle constitue aussi une aide non négligeable au moment de l’installation des jeunes diplômés. « Lorsque j’ai créé mon cabinet, mon ancien employeur m’a fait travailler en sous-traitance pour démarrer. Il s’agissait d’une mission très spécifique ; le contrôle qualité et la formation confirme Matthieu Vialay, jeune diplômé installé depuis 2015. J’aurais pu renforcer et vendre cette compétence particulière, mais j’ai choisi de privilégier le développement de mon chiffre d’affaire d’expertise comptable. »

La #cotraitance c'est l'opportunité de faire appel à des confrères intervenant dans des domaines spécifiques porteurs Tweetez

La sous-traitance constitue aussi un moyen de se spécialiser sur un domaine spécifique. Des cabinets ayant un domaine de compétences avéré, qui nécessite un minimum de savoir- faire, ont leurs propres clients mais sont aussi sous-traitants pour d’autres. Pour Matthieu Vialay, « pouvoir sous-traiter est une chance que n’ont pas d’autres professions. Autant en profiter. Cela permet de rencontrer des confrères, de monter en compétence dans des domaines spécifiques, et donc de développer sa clientèle dans la mesure où cela peut devenir un axe de développement à part entière du cabinet ». Inévitable demain ? « Je pense qu’à terme, c’est plus rentable de développer des compétences particulières », confirme-t-il. Un point de vue que partage Hervé Gbego, président de la commission innovation et performance de l’Ordre de Paris Ile-de-France, qui préfère d’ailleurs parler de cotraitance. « C’est un nouveau mode de fonctionnement, qui s’inscrit dans son époque en suivant la vague du collaboratif, de la co-construction. Sur les nouvelles missions telles que l’audit RSE ou l’audit patrimonial par exemple, ou sur les nouveaux marchés tels que les entités publiques, la cotraitance est indispensable pour acquérir les compétences et l’expérience nécessaires ». « La sous-traitance n’est pas réservée aux seuls experts-comptables et commissaire aux comptes récemment installés », rappelle Jean-Luc Flabeau, président de la CRCC de Paris. « Ainsi, certains cabinets bien installés réalisent de nombreuses missions de consolidation en sous-traitance (j’ai de nombreux exemples dans mon propre réseau) ou encore interviennent en gestion déléguée de portefeuille de commissariat aux comptes ».

Les nouvelles technologies, l’émergence des start-ups ont en effet profondément modifié la façon de travailler et l’organisation même du travail. Le fonctionnement des entreprises évolue, elles travaillent de plus en plus sur un mode collaboratif, deviennent « agiles », c’est-à-dire qu’elles adaptent leur organisation, leurs produits et services aux enjeux du marché. Elles identifient, voire devancent les besoins de leurs clients et privilégient leur satisfaction. L’adaptation au changement devient un avantage compétitif. Ces nouvelles formes de travail essaiment un peu partout et jusqu’aux cabinets d’expertise comptable.
La création d’un réseau de sous-traitants pour un cabinet indépendant est l’une des pistes permettant d’offrir un éventail de missions à valeur ajoutée à ses clients, au même titre qu’un grand cabinet.

La #cotraitance représente un avantage compétitif pour les #EC qui deviennent + agiles! Tweetez

C’est pour faciliter cette évolution que le conseil régional de l’Ordre et la CRCC de Paris ont choisi de créer BBusi, une plateforme de mise en relation pour des missions de sous-traitance.

Son objectif ? Dépasser le simple bouche-à-oreille, conceptualiser ce mode de fonctionnement afin que ceux qui le souhaitent aient toutes les cartes en main pour en faire un axe stratégique de développement. « La plateforme permettra aux professionnels de devenir agiles, comme les entreprises d’aujourd’hui. Ils vont pouvoir adopter des modes de fonctionnement plus souples, sortir du modèle traditionnel du cabinet, et élargir leur champ d’intervention tout en disposant d’un accès simplifié à des ressources rapidement disponibles en cas de besoin urgent » insiste Laurent Benoudiz. « La plateforme étant 100 % gratuite pour tous, aucun risque de s’y inscrire, sauf celui de développer son cabinet ! »

La plateforme permettra en effet de trouver toutes sortes de missions et de sous-traitants. Les missions seront décrites grâce à un système de filtres proposant une quinzaine de domaines et sous-domaines, le lieu d’exercice, le niveau de compétences souhaité, la date de début et la durée. Les sous-traitants, eux, peuvent poster un mini-profil détaillant leurs compétences et leur parcours. Ils auront la possibilité de poser des alertes, afin d’être prévenus, par mail ou par notification, dès qu’une annonce correspondra à ces alertes. Il lui suffira alors de spécifier « je suis intéressé par cette mission » pour que le donneur d’ordre soit prévenu et reçoive alors ses coordonnées. Ce dernier contactera ceux qui lui semblent correspondre à ses attentes. A la fin de la mission, les deux partenaires pourront se recommander mutuellement selon un ensemble de critères de comportements ou de critères liés à la typologie de la mission définis à l’avance, à l’image de ce qui existe sur LinkedIn. L’évaluation de la qualité de la prestation par le donneur d’ordre (a-t-il les compétences affichées, est-il ponctuel, a-t-il réalisé la mission dans le délai imparti… ?) et l’évaluation par le sous-traitant de la qualité de l’offre du donneur d’ordre (la mission était-elle correctement définie, le règlement des honoraires était-il rapide… ?) est indispensable à la confiance entre les parties. Laurent Benoudiz ne voit que des avantages à ce système non intrusif, qui respecte l’anonymat du donneur d’ordre tant qu’il n’y a pas de demande de prise de contact. « Avoir accès à un réseau permet d’affronter des situations délicates mais aussi de travailler de façon plus ouverte, en agrégeant des compétences. La sous-traitance ne doit pas concerner uniquement les jeunes qui démarrent, mais aussi permettre de développer du business. Agrandir son réseau permet de répondre à des demandes que l’on n’aurait pas pu traiter avant. »

L’aspect intergénérationnel joue aussi pour les jeunes qui s’installent : « Je travaille pour des confrères plus âgés, et j’ai appris beaucoup dans un échange privilégié avec eux, reconnait François Girard, expert-comptable à Amiens. C’est une belle aventure humaine, dans laquelle la confraternité a encore du sens. Grâce à la sous-traitance, lorsqu’on crée son cabinet, on se sent moins seul ». Ce n’est pas Yves Pascault, président du Club des jeunes experts-comptables et commissaire aux comptes qui le contredira (lire son interview p.34 de votre magazine).

Brassage générationnel, développement du réseau, création de nouvelles opportunités business : avec BBusi.com, notre profession a désormais toutes les cartes en main pour donner à la cotraitance ses lettres de noblesse, et relever avec talent les nombreux défis qui l’attendent !


SOMMAIRE DU DOSSIER :


LE PÉRIMÈTRE JURIDIQUE DE LA COTRAITANCE

Contrairement à d’autres professions réglementées, experts-comptables et commissaires aux comptes peuvent faire appel à des sous-traitants ou cotraitants, les deux termes étant utilisés indifféremment. Les missions doivent néanmoins s’effectuer dans le respect des règles de la profession. Pour prévenir tout problème, une charte d’utilisation de la plateforme BBusi sera mise en place afin de rappeler le cadre légal, le rôle des institutions et détailler les conditions d’utilisation. Donneurs d’ordre et sous-traitants devront en prendre connaissance et la signer avant d’utiliser la plateforme. Isabelle Faujour, directrice juridique de l’Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France revient sur les principaux points, sur lesquels il convient de rester vigilant.

Sous-traitants et donneurs d’ordre sont inscrits à l’Ordre des experts-comptables.
Le donneur d’ordre reste maitre de la relation avec le client. La mission se déroule sous son unique responsabilité.
Le client est informé de la sous-traitance : la mission fait l’objet d’une lettre de mission la notifiant. Cette lettre est signée par le client et le donneur d’ordre.
La facturation s’effectue entre le client et le donneur d’ordre, qui rétrocède des honoraires au sous-traitant sous une forme préalablement définie. Dans le même temps, le donneur d’ordre et le cotraitant établissent un contrat de prestation de service définissant clairement leur relation.
La cotraitance a lieu dans le respect des règles de la profession et notamment dans le respect du secret professionnel. Le donneur d’ordre ne fait pas état d’informations concernant le client qui ne rentrent pas dans le cadre de la mission.
Le prestataire comme le donneur d’ordre sont indépendants vis–à-vis du client. Le donneur d’ordre ne s’en tient pas à l’apparence d’indépendance du cotraitant : il pose à ce dernier un ensemble de questions suffisant pour déterminer sa capacité à refuser la mission en cas de conflit d’intérêt.
L’obligation de compétences liée à la profession s’applique aux missions de cotraitance. Les deux parties s’assurent qu’elles ont le temps et les moyens matériels ou techniques nécessaires pour assurer la mission.
Le donneur d’ordre vérifie dans ses contrats d’assurance que la sous-traitance est autorisée, afin d’être couvert en cas de problème.
Le cotraitant respecte l’obligation de loyauté et de confraternité et notamment s’oblige à respecter le client du donneur d’ordre. Il
s’ interdit tout dénigrement et toute relation hors mission, y compris après celle-ci.
En cas de désaccord, l’Ordre des experts-comptables ou la Compagnie des Commissaires aux comptes ont, par leurs prérogatives réglementaires, toute compétence pour engager une conciliation ou faciliter le règlement de différends déontologiques.


SOMMAIRE DU DOSSIER :


TÉMOIGNAGES

Patrick EDREI,
Expert-comptable à paris

Pourquoi faites-vous régulièrement appel à des partenaires extérieurs ?
C’est une stratégie qui s’inscrit dans le cadre de mon activité. Celle-ci n’est pas traditionnelle (nous faisons de l’expertise comptable, mais aussi du consulting et du management de transition), et les demandes de nos clients imposent souvent de former très rapidement des grosses équipes pour une durée limitée. Du jour au lendemain, je peux être amené à constituer une équipe de 10 personnes. Je panache alors salariés et partenaires avec des compétences particulières (spécialisation en comptes consolidés, reporting, management de transition…). Depuis la création de mon cabinet il y a 12 ans, je fais régulièrement appel à des sous-traitants.

Quelles qualités recherchez-vous en priorité ?
Bien évidemment des compétences techniques, mais pas uniquement ; d’après moi, la compétence indispensable est le savoir-être. Le partenaire doit savoir s’intégrer dans une équipe et gérer le contact avec le client. A lui d’identifier les codes de communication de ce dernier, et surtout d’avoir une attitude professionnelle, le sens du service. Dans ses relations avec mon cabinet, la gestion de projet, le retour d’information et la qualité du reporting sont aussi essentiels : j’insiste sur la capacité d’évaluer quand reporter un problème à la hiérarchie, de distinguer les choses importantes des broutilles. Ces qualités sont souvent acquises grâce à l’expérience professionnelle ! En contrepartie, je m’oblige à briefer soigneusement mes partenaires (je préfère parler de
partenaires que de sous-traitants), en expliquant le contexte de la mission. Je fournis toutes les informations que je suis en droit de donner afin qu’ils ne se trouvent pas pris au dépourvu, mais je suis attentif à ne pas gérer le partenaire comme un salarié débutant, pour optimiser notre relation. Le donneur d’ordre ne doit pas craindre l’autonomie du partenaire, dès lors que son champ d’intervention est cadré dès le départ. Une bonne mission est une mission bien préparée.

Comment constituez-vous votre réseau ?
Plusieurs critères entrent en ligne de compte. Je regarde la typologie de clientèle du partenaire : si la mission concerne une TPE, mieux vaut éviter de choisir quelqu’un qui évolue dans des grands groupes et inversement ! Ensuite j’essaie d’évaluer sa capacité et son envie d’adaptation. Il m’arrive, lorsque j’ai identifié un savoir-être qui me convient, de prendre 2 jours pour former le partenaire sur les thèmes sur lesquels il va travailler pendant la mission. Je recherche souvent des profils de consultants qui ont l’habitude de
travailler pour des grands groupes, pour des missions de management de transition, de consolidation. Je les trouve par le bouche-à-oreille, sur la bourse des compétences du CJEC, sur les réseaux sociaux ou via des candidatures spontanées… En fonction des missions, je peux être amené à prendre des jeunes mais aussi des professionnels plus expérimentés. Je suis ensuite très attentif à bien cadrer les choses au niveau contractuel en définissant le périmètre de la mission, l’enveloppe des jours, le mode de facturation,
les clauses de non concurrence…

 

Fabrice HEUVRARD,
Expert-comptable commissaire aux comptes

« J’ai créé mon cabinet en janvier 2016, tout en restant salarié chez mes patrons de l’époque. Je les ai quittés à la fin de la même année, mais je continue à travailler avec eux en sous-traitance». Outre son activité d’expert-comptable, Fabrice Heuvrard pratique aussi le journalisme, avoue une appétence pour l’informatique et lance en septembre une startup pour automatiser les lettres de mission. En expertise, son domaine d’exercice favori, les coopératives agricoles céréalières, lui a ouvert la porte de missions de sous-traitance.

Lucide, il connait les avantages et les inconvénients de la formule : « un sous-traitant est mieux payé qu’un salarié, mais sa situation est plus précaire. C’est un mode de relation très contraignant, car il implique de n’avoir pas de relation directe avec le client, de passer par le donneur d’ordre, mais ça a été une passerelle nécessaire pour la création de mon cabinet. Et pour le moment, c’est ce qui me permet de vivre, tout en prospectant pour agrandir ma clientèle en tant qu’expert-comptable et en continuant mes autres activités. »

Il reconnait volontiers qu’il a beaucoup appris et qu’il continue à apprendre auprès de ses anciens patrons : « ils font principalement du commissariat aux comptes et peu d’expertise comptable. Comme ils gèrent de très gros dossiers, je bénéficie de leurs conseils et d’une formation permanente de qualité pour le commissariat aux comptes ». Reste qu’une fois installé, le développement de la clientèle lui semble incompatible avec la gestion durable d’une activité de sous-traitance : « il faut avoir des timings différents qui se complètent, savoir peser le poids de chaque activité et trouver un bon point d’équilibre. Entre la sous-traitance et mes autres activités, je vais être obligé, à un moment donné, de faire des sacrifices ».

Quant au déroulement de la mission, il insiste volontiers sur la difficulté de trouver les bonnes personnes : « Il y a une vraie demande, un vrai besoin de gens confirmés et autonomes. L’idéal pour un sous-traitant, c’est d’être qualifié. Mais il est parfois difficile de bien choisir ses donneurs d’ordre. C’est pourquoi BBusi peut permettre de fluidifier les relations entre ces deux populations. »

 

François GÉRARD,
Commissaire aux comptes à Amiens et missions de sous-traitance à paris

« Quand j’ai créé ma structure, il y a trois ans, j’ai gardé de bons contacts avec mon ancien cabinet. Ils m’ont proposé de continuer à travailler sur quelques-unes des missions sur lesquelles j’intervenais, le temps pour eux de former un nouveau collaborateur, aussi bien sur les aspects techniques que relationnels. La rupture est ainsi moins brutale, et de mon point de vue, cet accord était très rassurant, car cela m’a permis de facturer sur des sujets que je connaissais. Je suis intervenu sur peu de dossiers, car je souhaitais me concentrer sur le développement de mon activité.

Mais j’ai aussi choisi de développer un autre type de sous-traitance : depuis deux ans, j’interviens pour un confrère qui veut arrêter son activité de commissariat à la fin de l’année, dans le but de me présenter sa clientèle. C’est une méthode de transmission en douceur : les clients me connaissent, et pour la très grande majorité d’entre eux, j’espère qu’ils me nommeront CAC par la suite. J’ai aussi une troisième source de sous-traitance. Je me suis spécialisé en analyse de données, et j’ai passé une certification internationale CISA (Certified Information Systems Auditor) : avec l’analyse exhaustive des données, le processus d’audit est différent puisqu’on travaille sur la détection d’anomalies sur une volumétrie de données très importante. Cette double casquette m’a permis d’entrer en contact avec des confrères parisiens, qui m’ont intégré en tant que spécialiste dans un appel d’offres qui a été remporté. Ainsi, tout en développant ma propre activité de commissaire aux comptes, j’ai pu approcher une grande entreprise que, sans cette mission, je n’aurais pas pu contacter directement. Intellectuellement, c’est très intéressant, et j’ai consolidé ma crédibilité dans cette spécialité. Et ça m’a permis de créer des liens privilégiés avec les confrères, qui sont prescripteurs en matière d’audit. Certains m’ont ainsi proposé comme commissaire aux comptes à leurs clients en expertise. »


SOMMAIRE DU DOSSIER :


BBUSI.COM ET LA BOURSE DES COMPÉTENCES, UNE INDISPENSABLE COMPLÉMENTARITÉ

Par Yves Pascault

Depuis 2013, le Club des jeunes experts-comptables et commissaires aux comptes (CJEC) propose sur son site la Bourse de compétences, une plateforme de mise en relation entre ses 1 300 adhérents et leurs ainés. Yves Pascault, le président du CJEC, nous présente cet outil.

Quelles sont les particularités de la Bourse de compétences ?
C’est un outil conçu pour faciliter la mise en relation de deux types de populations : les jeunes diplômés experts-comptables, commissaire aux comptes qui souhaitent s’installer, et leurs aînés. Différents types d’offres y sont proposés : missions de sous-traitance, partage de locaux, association, cession de cabinet… Les offres de sous-traitance représentent environ 25 % des mises en relation. Nous n’avons pas d’outils de suivi pour savoir si celles-ci se concluent favorablement ou pas, mais nous avons des indicateurs comme le nombre d’offres (tout type d’offres confondu), qui est en augmentation constante depuis le début de l’année 2017. Cela notamment grâce aux actions de communication entreprises et à notre réactivité : l’offre est mise en ligne et envoyée en push au maximum 24 heures après avoir été déposée. Résultat, nos confrères sont satisfaits et le bouche-à- oreille fonctionne ! Seul bémol : si cette plateforme est bien connue de nos adhérents, elle est malheureusement méconnue de nos aînés. Mais nous travaillons sur ce sujet.

BBusi et la Bourse de compétences seront-ils des outils concurrents ?
Bien sûr que non ! La Bourse de compétences a une portée nationale, alors que BBusi est réservé à nos confrères franciliens. Autre différence : la Bourse n’est pas uniquement consacré à la sous-traitance, et sa vocation est avant tout de mettre en relation des ainés et des jeunes sur divers sujets. Mais ces deux outils sont complémentaires : les ainés qui souhaitent favoriser les jeunes diplômés pourront toujours le faire puisque les offres seront consultables uniquement par les membres du CJEC dans les premières 48 heures de sa publication. Lorsque le temps sera écoulé, si l’offre n’a pas trouvé preneur, elle sera alors visible sur BBusi par tous. Grâce à notre portée nationale, nous pouvons satisfaire des confrères franciliens qui proposent des missions partout en France. Nous leur présentons un panel de sous-traitants potentiels jeunes, diversifié et sur toute la France. Et tous nos adhérents
pourront aussi être présents sur BBusi.

A qui s’adressent les offres ?
A nos adhérents, qui ont 35 ans en moyenne (un âge qui correspond aussi à celui de l’installation). Ils sont diplômés depuis moins de 5 ans, en cours d’installation ou récemment installés (le délai moyen entre l’obtention du diplôme et l’installation est de 18 mois, et nos adhérents franchissent le pas un peu plus rapidement). Chez ceux qui sont déjà installés, le taux de pénétration des missions
de sous-traitance est de 35 %. Les offres de mission concernent principalement la spécialisation, et, dans une moindre mesure, un besoin ponctuel lié à une surcharge de travail. 70 % de nos adhérents sont des créateurs de cabinet ex nihilo, et ils se montrent très demandeurs de cotraitance, afin d’obtenir un complément de revenu mais aussi d’agrandir leur réseau. Du côté des ainés – qui ne sont pas adhérents-, la Bourse permet de répondre à des besoins en termes de compétences particulières, de spécialisation sectorielle ou de localisation (la cotraitance permet d’éviter d’envoyer un collaborateur en province pour une mission ponctuelle). Elle répond à un réel besoin : tous ceux qui l’utilisent sont satisfaits, et toutes les offres trouvent preneur.


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5 CONSEILS POUR TROUVER ET RÉUSSIR UNE SOUS-TRAITANCE

Réaliser des missions qui relèvent de son savoir-faire en complément d’une activité d’expertise comptable plus classique, compléter ses revenus, étoffer son réseau… les motivations pour s’inscrire sur BBusi sont nombreuses !

Utiliser tous les réseaux pour trouver une mission : solliciter son ancien employeur, utiliser BBusi, la plateforme de l’OEC Paris IDF et de la CRCC de Paris, directement connectés à la Bourse de compétences du CJEC, participer à des réunions institutionnelles, à des rencontres professionnelles, tenir son profil Linkedin à jour, prospecter sur les réseaux sociaux, sans oublier de solliciter les cabinets susceptibles d’être intéressés.

Obtenir une définition claire de la mission. Le contrat passé avec le donneur d’ordre doit préciser l’étendue de la mission, sa
durée et les honoraires afférents. Insister pour que le client soit prévenu : la transparence est de mise.

Être adaptable. Dans le cas d’une mission avec un ancien employeur, il faut admettre que le périmètre de celle-ci évolue, souvent à la baisse. S’il s’agit d’un nouveau donneur d’ordre, il s’agit de bien comprendre ses codes et sa façon de fonctionner, et de soigner la relation avec le client.

Savoir dire non. Sauf à vouloir rester sous-traitant, il arrive un moment où il devient nécessaire de refuser des missions afin de développer sa propre activité. Au risque, sinon, de devenir un salarié bis, ou de bâcler l’une des deux activités.

Être réactif et savoir concilier des plannings qui ne s’accordent pas forcément : toute sollicitation doit être traitée le plus rapidement possible, sous peine de voir la mission confiée à un autre confrère. Le temps de réaction constitue souvent une sorte de premier test. Et la souplesse est de mise lorsqu’un client appelle pour une urgence en pleine mission de sous-traitance. Identifier les prescripteurs et repérer les opportunités : les confrères, les experts-comptables pour des missions de commissariat aux comptes, mais aussi les avocats, les consultants, bref, toutes les personnes qui gravitent autour des entreprises sont susceptibles de recommander un expert-comptable pour une mission de sous-traitance.